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CONSCIENCE ET NOURRITURESArticle paru dans « Soleil Levant » en Mai 2005La nourriture au service de l’ouverture de notre ConscienceToutes les grandes traditions considèrent le corps humain comme le Temple de l’Ame. A l’image des lieux sacrés, il est bâti sur un axe central avec en symétrie une « aile » à gauche et à droite qui convergent vers la « tête » (autel…) et un transept (bras ouverts)…c’est pourquoi ce que nous ingérons a des répercussions sur notre vie spirituelle. Pour le yoga et l’Ayurveda, système de santé traditionnel de l’Inde, le plus ancien du monde resté intact depuis ses origines, nous sommes une série de corps faits d’enveloppes en transformation constante « koshas » imbriquées les unes dans les autres :
Digestion et empreinte vibratoiresLes 5 grands éléments cosmiques (espace, air, feu, eau et terre) s’associent en nous sous forme de tempéraments avec pour chacun un type de digestion physique et psychique. La digestion physique s’effectue en trois étapes : absorption de la saveur sucrée dans l’estomac, de la saveur acide dans l’intestin grêle et des saveurs amère et astringente dans le colon (gros intestin). Les impressions sensorielles liées au vécu sont codées dans une partie du cerveau puis digérées dans une autre, les fumées et ce qu’elles contiennent sont quant à elles instantanément digérées Le résidu de ces digestions laisse des « empreintes » vibratoires dont la qualité forme des tissus sains ou toxiques pour le corps et la conscience selon ce que l’on s’autorise à absorber. A vocation préventive, le but de l’Ayurvéda est de nous rendre attentifs aux plus petits signaux d’inconfort souvent insignifiants, 1er stade du processus de « maladie » sur l’échelle de 1 à 6 et qui, justement, sont les plus importants car c’est ici que tout se joue ! L’esprit, interface entre nos 5 sens, le monde extérieur et nous-mêmes, est l’essence de la nourriture : « la nourriture que nous mangeons est de trois types : sa partie grossière devient excréments, une autre partie forme les chairs, la plus subtile devient l’esprit » (Chandogya Upanishad). Ces empreintes s’inscrivent dans le subconscient, berceau des habitudes, où elles nourrissent nos attitudes puis nos comportements. Tout (aliments, souffle, pensée, digestion, éliminations, climats, maladie) est sattva, rajas ou tamas :
Seul SATTVA accroît le PRANA, trait d’union entre les corps, et la vie à l’écart du champ de souffrance et de maladie. C’est pourquoi l’Ayurvéda privilégie Ahimsa, non violence, dans nos choix alimentaires (végétarisme sans sectarisme), cosmétiques, vestimentaires, relationnels…et nous invite à une responsabilisation karmique de soi en développant SATTVA quelle que soit notre constitution car nous sommes tous à titre individuel responsables de la santé de notre société, pays, planète. Cultiver Sattva, c’est honorer Dieu en :
« Invite la nourriture en toi comme tu invites un ami. Nettoie ton corps comme tu nettoies ta maison, traite-toi en invité et mange avec Joie ! Chaque repas est un Hymne à a Vie, un Hommage rendu à la graine, au Soleil, à l’Eau, à la Terre, l’Espace. Depuis ce jour, toute nourriture m’est Infini Amour et manger est devenu l’acte sacré qu’il a toujours été : Prière, Rayonnement donné à nos cellules, nos corps, l’Univers et Nous.
Tout ceci à long terme réoriente notre vie et nous permet de développer une conscience plus tolérante sans complaisance et d’affiner le discernement ou la connaissance intuitive (« Buddhi ») face à la vie, aux choix, aux décisions à prendre. Ne nous nourrissant plus de ce qui divise, nous sommes de moins en moins vulnérables aux attaques subtiles (ondes, manipulations…) extérieures. Une irrésistible soif d’absolu grandit en nous, nous devenons plus conscients de ce centre immobile en nous, hors du temps, Conscience pure, centre du mouvement, mais que le mouvement n’est pas le centre. Auteur: Martine Levha |
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